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Dernier haïku dans Hydrea:

La fourmi nous pique ?
Cigales, manifestons :
Demain chanterons.

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Dernier haïku express fondu ( 7 décembre ) :

Fin de la culture !
Passe par les cheminées,
Ange de la mort.

sur l’article « A Auschwitz, Angela Merkel réaffirme le devoir de mémoire de l’Allemagne »  (Le Monde, 6-12-19)

 

Derniers textes dans le recueil Oripeaux ( 29 novembre et 2 décembre ) :

Nouvelle contribution à l’Oulipien de l’année :

Aux demoiselles sans valise

Là, par terre,
Vous est chère
La valise,
Convoitise
De l’escroc.
Mais… zéro,
Patatrac !
Rien qu’un sac
De rognure.
Piètre ordure
Serez faits,
Vous, fieffés
Provinciaux.
Des bestiaux
Tout découpent.
Pauvre troupe,
Dit Queneau,
Gare, une eau
Zéabonde
Rend immonde
Ton manteau.
Fuis plutôt
Cette fange.
Vieille grange
Toujours chantes.
Loque enchante,
Plus qu’or, frère,
Là, par terre.

Voir la page de ce texte.

Une fugue à trois voix :

La fugue de la fillette

Le portail de bois noirci par les ans s’ouvrait sur un sombre passage dont la voûte basse laissait deviner à son extrémité la courette enserrée entre des murs aux pierres sculptées de figures grotesques.

On vit paraître dans la lumière empoussiérée une fillette sale et malingre serrant sur son cœur une poupée désarticulée.

Le portail de bois noirci par les ans s’ouvrait. On vit paraître un sombre passage. La lumière de la voûte basse empoussiérée laissait deviner une fillette. Sale à son extrémité la malingre courette serrait son cœur. Une poupée enserrée entre des murs aux pierres désarticulées sculptées de figures grotesques.

On vit paraître le portail. Le portail de bois noirci. La lumière empoussiérée par le bois des ans ouvrait un sombre passage à une fillette noircie par les ans. La voûte basse s’ouvrait, sombre et sale, lui laissant le passage. On devinait ses extrémités malingres sous la voûte qui la serrait. Dans la courette son cœur se laissait enserrer entre les murs dont se devinait l’extrémité des pierres sculptées.

Une poupée dans une courette, une figure enserrée entre des murs.

Sous ces curieuses pierres le portail de bois sculpté s’ouvrait sur un vieillard grotesque. Il agita des bras désarticulés et sa maigre figure, sombre dans le passage noueux, poussa un cri terrible qui résonna, grotesque, sous la voûte basse. La cour laissait deviner la fillette qui disparut à son extrémité.

On vit paraître ce curieux vieillard dans la lumière entre les murs empoussiérés. La fillette agita des pierres de ses bras sales et malingres. Serrant sur son maigre cœur une poupée à la figure noueuse, elle poussa un cri terrible qui résonna, grotesque, dans la cour. Et la fillette, désarticulée, disparut.

Un curieux vieillard agita des bras maigres et noueux, poussa un cri terrible qui résonna dans la cour.

Le portail -ce portail de bois noirci par les ans- Le portail de bois s’ouvrait sur un sombre passage. La voûte basse, le bois noirci, laissaient deviner les ans. S’ouvrait à l’extrémité du sombre passage noirci par les ans une courette. La voûte basse s’ouvrait, sombre passage enserré qui laissait deviner à son extrémité les murs de la courette. Des pierres sculptées, une voûte basse, laissaient deviner une figure à l’extrémité grotesque enserrée entre les murs. Pierres d’une courette enserrée entre des murs sculptés. Pierres sculptées de figures. De figures grotesques ! Grotesques !

Et la fillette disparut.

Voir la page de ce texte.

Dernier texte dans le recueil Ouvrir ( 26 novembre ) :

dans leurs mains

certaines femmes ont
dans leurs mains
des flambeaux magnifiques
leur clarté remplit de joie
tous ces êtres perdus
à travers le vide infini

certaines femmes ont
dans leurs mains
la bougie simple et droite
dont la flamme dansante
ouvre le chemin
dans les maisons nocturnes

certaines femmes ont
dans leurs mains
la petite étincelle fragile
dont le vent fait vaciller
le trésor que seul aperçoit
celui qui fait attention
et qui l’enrichira pour toujours

certaines femmes ont
dans leurs mains
l’absence
laissée par le prédateur
qui a soufflé la belle flamme colorée
et s’éloigne
la bouche pleine d’amertume

Voir la page de ce texte.

Journal

 

5 décembre : Journée nationale de grève et de manifestations contre (notamment) la réforme des retraites.

La fourmi nous pique ?
Cigales, manifestons :
Demain chanterons.

30 novembre : Un nouveau mois du Pataméride s’est écoulé, le mois d’As.

du 3 novembre – 1er as – Nativité de Pantagruel.

Vide le vin pur,
Ingurgite la géline,
Dilate le ventre.

jusqu’au 30 novembre – 28 as – Nativité de S. Swift, chanoine.

Sa descente en snow
S’acheva sans accident
Dans ce tas de foin.

26 novembre : Nous apprenons le décès la semaine dernière de Patrice Besnard, membre de la liste Oulipo, et dont les belles réalisations sont visibles sur son site Omnitextes.

Patrice Besnard, ce magicien de mots, adressa
ces anagrammes cotées, dit ce brin de paradis

24 novembre : Oulipo fête ses 59 ans

Pour avoir son île bannie,
Bon anniversaire, Oulipo.

18 octobre : En réaction à une tribune signée par 40 personnalités de la culture pour la défense de la corrida.

par habitude par tradition

par habitude par tradition
magnifique en l’habit de lumière
dansant avec grâce et distinction
il plonge une lame meurtrière
par habitude par tradition

long murmure commune passion
les poitrines autour de l’arène
s’animent d’une seule pulsion
autour de la mort souveraine
par habitude par tradition

soleil couleurs flamme élévation
la musique triomphe charnelle
soudain monte une rauque ovation
quand le mâle foudroyé chancelle
par habitude par tradition

on a mandé l’évacuation
de la charogne que mouches tètent
déjà se gonfle une acclamation
ils font entrer une autre bête
par habitude par tradition

l’enfant qu’on rhabille avec affection
ne parle pas tourne dans sa tête
d’écorchés l’atroce procession
puis dans un rire il rejoint la fête
par habitude par tradition

Voir la page de ce texte

 Suivez ce lien pour retrouver les dates plus anciennes dans la page «journal».


L’ambigramme du mot Oulipo est l’œuvre de Basile Morin. Je recommande la visite de son beau site.