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Dernier haïku dans Hydrea:

les flammes serpentent
la belle dame chancelle
sous le ciel obscur

13 juin : On commémore ces jours-ci le premier anniversaire de l’odyssée de l’Aquarius, navire secourant les migrants en perdition sur la méditerranée, et qui a dû renoncer à poursuivre sa mission.

Le naufrage de l’Homme

Si l’on te dit du bien de Monsieur Salvini,
Si de Monsieur Macron l’on vante l’habitus,
Si l’Europe prétend offrir le pain bénit,
Souviens-toi de l’Aquarius.

Si tu te vois montrer qu’urgence est, cette année,
Au godet en plastique, au bonus, au malus,
A prendre au retraité sa pension surannée,
Souviens-toi de l’Aquarius.

Si la Droite se dit chantre du genre humain,
Dénonçant l’avorteur qui tue en l’utérus,
Car toute vie a droit qu’on lui tienne la main,
Souviens-toi de l’Aquarius.

Si l’on dit  » L’Occident prône la religion
Dont le bel étendard est l’amour de Jésus,
Qui pardonne à qui fait acte de contrition  »
Souviens-toi de l’Aquarius.

Si l’on te dit  » La France est pays de héros !
Elle en tire sa gloire, à l’égal de Phébus,
Et rayonne au dessus des peuples immoraux  »
Souviens-toi de l’Aquarius.

Si l’Homme t’est décrit naturellement bon,
Défendant l’animal, le fou, l’homunculus,
Le crime étant le fait de quelques seuls gibbons,
Souviens-toi de l’Aquarius.

Si de la Femme enfin, dit-on, est reconnue
Une valeur égale aux porteurs de phallus,
Pense qu’en deuil, au loin, des mères pleurent, nues.
Souviens-toi de l’Aquarius.

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Derniers textes dans le recueil Oripeaux ( 2 et 6 juin ) :

Deux contributions à l’Oulipien de l’année, sur le site « Zazie mode d’emploi » :

Le point bleu

Vienne le point bleu…
Avec le continent bis,
Siècle lève sève.

Visé, lent, blessé s’en tienne
Poésie pour les sélènes

Exégèse :

L’étrange couleur d’un monde mis à l’envers
De la banalité d’une normale terre
Bannit l’insignifiant du redit séculaire,
Lui donnant l’aperçu d’un sang neuf qui rend vert.

Il s’est senti visé par d’effrayants bolides,
Interminablement, traînant son handicap.
Mais les mots du poète affermissent le cap
De ceux dont l’astre, dans la nuit, dort impavide.

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L’épicurien christ embelli, mol, béat, lit. Niquedouille ! Démon ! s’ébahit-il. Le répulsif et l’impie ici culminent vers le fond. Cueilli au vol fugitif, ce sinuant cupidon, zinzin télétoxique, vicie le divin. Quadrangulons ce djinn bruyant muté en quichua : sans surdo ni naï, quadrillera mariachis, cursif cabot. Météore pirate, truand fictif, il atrophie le nœud filial.

Furia créa duo

 » Oh fonçons !  » dit, décisif, le frangin. Dit impolies goujateries. Rit grivois vers un hircin flic.  » Pas reculotté, mal mûri, ce fol fiston, mol des bras, va fort  » s’y égosilleront les flics. Prudemment, blond s’interrompt, fléchit :  » D’ac, mec « . Zinzolin, il pinte, tétant un champ’ unitif.  » Du vin : buvons !  » Boit à frémir, vil quidam, d’Idiotie fils locomotif. Relax, riant, embobine nos flics : titubation d’épulon, chichis de chéri. Lèvent dix émissifs fusils de prisunic.  » Ris, putasse, sois gai ! Ho dis, chuchotais l’ut, tifosi ?  » L’intello, purulant, fini, pend silencieux. Crash expiatif.

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Dernier texte dans le recueil Poèmes accueillis ( 13 juin ) :

Un poème de Novella Bonelli Bassano, illustré par son auteure, dans le cadre du Pataméride :

novellabb_Ornements-desagreges-patameride-13-06-2019

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Journal

 

2 juin : Le philosophe Michel Serres vient de mourir.

Michel Serres meurt,
Muse récrit l’Hermès.

27 mai : Après l’écœurement des élections de la veille, un peu de réconfort en découvrant au Pataméride le troisième volet d’un triptyque d’Annie Hupé que j’accueille avec joie sur ce site :

Liberté, égalité, fraternité

n’appartenir ni
à ta nation, à ton père
ni à ta prière

cet amant me ment
écumant tu me menaces
ma faute m’enfête

boubous ou turbans
marmots ou mourants
manants ou bantous
partout murmurons amour
sans barons brutaux
sans bourbons obtus
patrons assommants
sans tabou nommons amour

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24 mai : ce que ne sera pas mon bulletin.

je ne pourrais voter emmanuel macron
que lors du second tour d’une présidentielle
pour barrer de le pen l’affre pestilentielle
alors oui seulement je voterais patron

c’est un homme de droite extrême il est marron
le régime qu’il veut sert une clientèle
qui pour mieux nous sucer telle aragne cruelle
prend le peuple en sa toile et lui ouvre le front

le bulletin que je vais déposer dans l’urne
ne sera ni celui de l’hydre aux noirs refrains
ni du capitalisme aux accents souverains

pour sortir mon pays de sa prison nocturne
je choisirai les résistants au poing d’airain
se battant sans faillir pour vivre un temps serein

15 mai : La Ronde, échange bimestriel entre blogs, paraît aujourd’hui sur le thème « Désir(s) ». J’accueille avec plaisir Dominique Hasselmann :

(Re)passage du désir

Dans Paris, il existe un Passage du désir, il débute au 89 rue du Faubourg Saint-Martin et se termine au 81 rue du Faubourg Saint-Denis (10e). Il a pour fonction de relier l’un à l’autre. Hélas, ce « raccourci » a été privatisé, et maintenant il faut taper un code pour pouvoir l’emprunter.

Le désir serait donc soumis à la digitalisation (savoir appuyer au bon endroit) pour que la porte s’ouvre et que celui-ci, selon le titre d’un film de Wim Wenders, prenne son envol à tire-d’ailes.

Je me souviens de la représentation d’une pièce de Picasso, Le Désir attrapé par la queue, théâtralisée et dessinée à grands traits, où le plaisir vient se conjuguer avec son objet même.

Là, les grilles apparentes ressemblent à des cils en métal, les yeux langoureux s’échappent par leurs interstices, mais le désir est un envol que rien ne saurait abattre : les oies sauvages échappent aux fusils de chasse à deux canons des abrutis.

Passage du désir : un roman policier de Dominique Sylvain (Viviane Hamy, 2004) porte aussi ce beau titre.

Le plaisir se retrouve toujours entre les bras (les parenthèses) du désir.

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Pays-Bas, 6 mai 2019 (cliquer pour agrandir)

texte et photo : Dominique Hasselmann

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Voir ma propre contribution « Il n’a pas désiré » chez Guy Deflaux ou sur ce site

1er mai : Démarrage du nouveau projet annuel, le Pataméride ! Chaque jour un haïku en beau présent sur le nom du jour dans le Calendrier Pataphysique. Ci-dessous la première livraison :

1er mai – 12 Palotin – Réprobation du travail

L’idole dorée
Te boit, dévore œil et ventre.
Riante, t’oublie.

 Suivez ce lien pour retrouver les dates plus anciennes dans la page «journal».


L’ambigramme du mot Oulipo est l’œuvre de Basile Morin. Je recommande la visite de son beau site.