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Dernier haïku dans Hydrea:
brouillard au vent cède
les poings se lèvent les têtes
et la terre gronde

 

19 septembre : Une belle personne nous a quittés.

Marceline Loridan-Ivens :
Vol, ne dis ni race ni larme.

15 septembre : Nouvelle parution de La Ronde, un échange entre blogs, chacun écrivant chez le suivant. Aujourd’hui le thème est « arbre ». J’accueille avec plaisir le souriant texte de Jean-Pierre Boureux :

Une espèce d’arbre fort bien introduite puis acclimatée.

Celui qui cache la forêt ne m’intéresse en rien puisqu’il masque une sylve apprivoisée et toujours exotique à mes yeux. Non plus celui des cames dont j’oublie l’existence et qui m’effraie dans l’expression de sa rudesse technologique.

Alors lequel retenir avant tout essartage ? Et bien une fois de plus je vais m’en tenir à ce que je connais le mieux, une branche de la culture étiquetée histoire et l’un de ses rameaux greffés nommé histoire de l’art.

Traditionnellement représenté écrasé par le poids de la généalogie biblique, en position couchée il gît endormi ici et là, très souvent, entre le XIe et le début du XVIe siècle. Rien qu’en France la banque de données « Palissy » compte 216 figurations de cette espèce végétale particulière. Sous forme de charade il se présenterait ainsi : mon premier est une lettre tout comme mon second alors que mon tout exprime une tentative. Vous y êtes : Jessé.

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A Beauvais dans l’église Saint-Etienne, Enguerrand le Prince, maître-verrier de la cité, place à sa droite François Ier et à sa gauche Charles-Quint, rare et prestigieux accompagnement tandis qu’au sommet triomphe Marie, dans une verrière datée de 1520. Bien entendu une branche branche sur son fils David chanteur et enchanteur divin plus que guerrier épouvantable ; Orphée surpasse alors Goliath dans la correspondance iconographique. Souhaitez-vous voir des représentations contemporaines ? Le choix existe, je pense à l’instant à Braque pour Varengeville et à Chagall pour Reims mais cet arbre est encore une inspiration fréquemment plantée en divers lieux. Espèce relaxante elle s’intègre bien dans la quête très mode de bien-être par la dendrothérapie. La pratique sans danger va de plus rassurer votre descendance. Chute de l’histoire : il ne saurait y en avoir puisque vous savez d’avance à quelle branche vous raccrocher.

ronde-sept-2018_JesseDavidW.jpg

Beauvais, église Saint-Etienne, verrière de l’Arbre de Jessé par Enguerrand Le Prince, 1520.

Voir la page de ce texte. Pour ma part j’ai la joie d’être accueilli sur le beau site d’hélène Verdier pour « l’enracinement »

10 septembre : « Des papous dans la tête » a disparu de France culture. Sur le livre d’or plein de regrets j’ai écrit une anagramme :

Tel peste, posas Dada nu.

16 août : Pour marquer mon retour :

ivre d’avoir chanté de cent bouches ardentes
la mort et la chaleur la terreur et l’amour
je reviens avec vous goûter le point du jour
dont le feu danse avec les fous et les démentes

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Dernier texte dans le recueil Systoles ( 22 août ) :

l’oiseau

dans mon cœur
tourne prisonnier
l’oiseau dont le chant fut couleurs
ses ailes n’ont pas assez de place pour s’ouvrir
ses plumes à mon sang trop lourd s’engluent et perdent leur éclat de pierre lunaire
a chaque pulsation de ma cage carmine je sens filtrer au long de mes veines un arpège qui me parcourt de brûlures

lorsqu’il rêve
d’un vol qui s’élève
je suis parcouru d’un frisson
mes yeux prennent la teinte claire de l’horizon
un courant violent fait onduler ma chevelure où scintille l’or des étoiles

lorsqu’il sent
ma gangue qui pèse
j’arpente un couloir de silence
tandis que mon horloge égrène l’heure d’hiver

sur ma langue
un goût fade et lourd
frelate le sel et le sucre

seul je sais
cet oiseau qui tourne

dans mon cœur

Voir la page de ce texte

Dernier texte dans le recueil Oripeaux ( 22 août ) :

sous le sable

sous le sable
il y a longtemps
se sont endormis de tristesse
le donjon les créneaux et les salles d’apparat
les tuiles au vernis grenat les harpes éoliennes les jardins suspendus
qui avaient attendu si longtemps le retour du jeune prince allé sur les traces du vent dont la plainte l’appelait vers la nuit

le sommeil
et les rêves lourds
se sont amoncelés sans bruit
sur les pinacles et sur la dentelle des toits
le vaisseau de marbre a sombré parmi les blancs sédiments de la mort qui s’obstine

si tu creuses
dans le sable tiède
un puits couru de filets d’or
fais silence entends-tu comme un soupir étouffé

c’est un prince
qui cherche un royaume
et dans l’ombre s’est égaré

ses doigts fouillent
le limon toujours

plus profond

Voir la page de ce texte

Journal

17 juillet : Les quinze jours à venir seront consacrés à l’organisation avec mon ensemble vocal d’un concert hors norme à Chambéry. Un mot d’excuses en sélénet holorime :

Aube onc, à ma rade,
L’ancre ai dû lever.
Ô bons camarades,
Lent, crédule, vais.

Mon devoir m’écarte.
De retour saurai,
Monde, voir mes cartes :
D’heureux tour sort est.

10 juillet : Victoire en demi-finale.

ce n’est pas leur faute
si le sang colle au ballon
ils ont bien joué

4 juillet : Mort de Georges-Emmanuel Clancier.

Ce signe menu, graal morcelé :
Georges-Emmanuel Clancier

 Suivez ce lien pour retrouver les dates plus anciennes dans la page «journal».


L’ambigramme du mot Oulipo est l’œuvre de Basile Morin. Je recommande la visite de son beau site.